11/04/2012

Masaï Mara Night Fever

40°!

Moi qui ne dépasse jamais les 38° quand je suis méga-overgrippé!...

température

Il faut dire qu'avant de partir pour le Kenya, j'ai eu la bonne idée de commencer une infection urinaire que j'ai fait immédiatement soigner par mon médecin.

La veille d'arriver ici au Massaï Mara, je venais de prendre mon dernier antibiotique et rien ne me laissait penser qu'il y eût la moindre complication.

Et pourtant, depuis ce soir, impossible ou presque de faire pipi... Et cette fièvre, maintenant...

2012041018.jpg

Mon épouse m'ayant rejoint sous la tente et mes filles se trouvant dans la leur, nous allons essayer de dormir. Nous verrons bien demain, d'autant qu'il faudra se lever tôt, départ avant le lever du soleil pour profiter de ses premiers rayons sur le Maasaï Mara.

Je ne parviens pas à dormir, trop de fièvre, malgré les médicaments que j'ai pris. La nuit est calme mais sonore: insectes de tous genres qui stridulent, cricritent, zonzinabulent, ... Au loin, des rugissements, appels d'un lion mâle, et d'autres bruits indéterminés, presqu'étranges... puis, tout d'un coup, des flich flath flotch d'un animal dans l'eau, dans la rivière, tout près de nous, à quelques mètres. NON! de PLUSIEURS animaux... Et des gros! Mais quoi? Danger?

Tous les sens en éveil, j'écoute... puis j'entends un glapissement que j'ai déjà entendu, c'est quoi déjà? Maintenant que ceux-ci se sont transformés en grondements puis en sortes de rires lugubres mêlés à de grands "ploufs" au profit d'une bagarre dans l'eau, je sais!...

... Des Hyènes!


Bon... Après une nuit dantesque, ce matin, 6h00, force m'est de constater que je ne suis pas en état de partir aujourd'hui en safari. Ma température n'est pas descendue...

J'envoie donc femme et enfants découvrir le Massaï Mara sans moi mais avec notre guide tout de même Clin d'œil.  Moi, je vais rester sagement au campement, je les retrouverai ce soir et on avisera...

Les photos qui suivent sont de ma fille Ségolène.

MongolfièreUne autre façon de voir le Massaï Mara à laquelle nous n'avons pas voulu participer par conviction environnementale.

MongolfièreLe débat reste ouvert...

lever de soleilLe jour se lève...

lever de soleil... Sur le Maasaï Mara

guépardGuépards manifestement repus. Peut-être d'un Topi imprudent?...

Gazelles de Thomson... Ou d'une Gazelle de Thomson?

village massaïJe ne voulais pas visiter un village massaï car je trouve que ces visites ont un côté un peu "promène bobo" car payantes et je n'aime pas aller quelque part si je n'y suis pas invité avec sincérité. Notre guide a tout de même emmené le reste de ma petite équipe dans un village. Il leur en a couté pas moins de 80 USD qu'il a fallu payer au chef (à gauche sur la photo) pour la visite du village et un spectacle de danses et chants traditionnels. Une activité lucrative mais qui a le mérite d'aller directement aux populations autochtones qui vivent ainsi du tourisme. Vu comme cela, c'est plutôt un bien...

hutte massaïChaque village est construit dans un cercle de broussailles épineuses pour y éviter l'incursion de fauves. Chaque hutte, construite avec de la bouse de vache séchée est matriarcale et appartient à chacune des épouses du chef du village qui dort de hutte en hutte. Ce village contenait sept huttes. Une par jour...Cool

vautoursDeux espèces différentes de Vautours et un Marabout ont repéré la carcasse d'une gazelle de Thomson. Technique: feindre d'être là en touriste... Remarquez au passage les énormes étendues de la savane du Massaï Mara.

EléphantsUne troupe d'éléphants se nourrit d'hautes herbes sur fond d'orage.

EléphantUn éléphant à cinq pattes. Je parierais bien pour dire que c'est le mâle dominant de la troupe!...

Arc-en-cielQui dit soleil et pluie dit... Arc-en-ciel!

LionPuis LA rencontre attendue! Le Roi de la Savane. Dire que je n'en verrai pas d'autre adulte sur tout mon séjour mais les jeunes que j'ai vu vaudront un article à eux seuls...

LionMes trois femmes ont été unanimes pour me dire que c'est énorme, un lion. Et pour cause, 2 mètres environ du museau à la base de la queue et pas loin de 200kg, telles sont les mensurations de Panthera leo.

coucher de soleilLe coucher du soleil, déjà! Il est grand temps d'aller prendre des nouvelles du malade après 12h00 de safari!

Et bien, le malade, il l'est encore plus... Maurice, un employé au restaurant du camp est venu lui apporter à manger ce midi. De sa propre initiative, quelle gentillesse!

Inquiet, le malade a téléphoné à son médecin en Belgique.

Comme s'il était à côté de lui! Il faut dire que tout le Kenya est couvert par un réseau 3G d'une performance incroyable. Je préfère ne pas imaginer la puissance des antennes locales. Tout le monde a un GSM ici, même certains Massaï.

Si je ne l'avais pas vu de mes yeux vu, j'aurais eu un doute: Les massaï ont les lobes des oreilles percés et le lobe est transformé en une sorte de boudin plus ou moins long autour d'un trou parfois très grand. Et bien, j'en ai vu un avec un GSM ainsi serti dans son lobe d'oreille!

Le médecin lui a dit de prendre les antibiotiques qu'il avait pris avec lui au cas ou et demandé de voir un médecin au plus tôt... En plein Massaï Mara? Mais, bien sûr,...! Il devra tenir jusqu'à demain car il est prévu que nous retournions à Nairobi grâce à un vol intérieur.

Un peu avant le retour des femmes, du sang dans les urines! Là, ça ne va plus du tout! D'autant que j'ai entendu parler, avant de partir, de l'existance de fièvres hémorragiques...

Je leur en parle donc et notre guide se met en quête d'un éventuel médecin dans le camp.

Il nous en dégotte un qui vient donc me voir dans ma tente. Docteur? Probablement... Mais est-ce en médecine humaine ou vétérinaire? J'aurai toujours un doute. L'homme parle un anglais approximatif. Il est du cru.

Il écoute attentivement mes explications puis me dit qu'il envisage de me faire une piqûre mais qu'il doit d'abord demander l'avis d'un de ses amis à l'hôpital de Nairobi (Ah! Qu'est-ce que je vous disais, il y a de quoi s'inquiéter, non?).

Il part puis revient une vingtaine de minutes après avec une petite boîte avec une seringue et une ampoule dedans... Il me dit que ce médicament va me faire du bien avec plus de gestes que de paroles. Voilà que je me retrouve devant un De Funès noir qui me mime ce qu'il dit.


 

J'ai eu beau demander ce que c'était comme produit, il n'a pas été possible de le savoir!

J'étais tellement mal que, rassuré tout de même sur le fait que et l'ampoule et la seringue étaient sous conditionnement stérile, j'ai fini par accepter la piqûre dans la partie la plus charnue de mon individu.

Paf! Même pas eu mal!

Avant qu'il ne prenne congé, je lui ai donc demandé ce que je lui devais. Il est rentré dans des explications incompréhensibles comme quoi nous étions amis et que les amis ne payaient pas leurs amis et que et que et que... Il est sorti de la tente. Je dois dire que j'étais un peu soulagé qu'il parte.

Nous nous sommes alors rendus compte qu'il attendait sur la terrasse. Nous en avons déduit qu'il ne serait pas contre un petit cadeau puisqu'il ne voulait pas être payé.

Nous nous sommes dits que payer 30 USD à un médecin de brousse, en pleine nuit qui avait fait une injection d'on ne savait pas quoi nous semblait correct.

Ma fille est allé les lui porter et nous avons entendu un "Yahou" sonore.

Je crois qu'il était content... Drôle d'asticot.

Le "toubib" à peine parti, j'ai commencé à avoir des convulsions terribles qui m'empêchaient littéralement de respirer. Ma femme a bien essayé de rappeler le toubib sur son GSM qu'il nous avait donné, mais rien, plus de nouvelles, disparu...

Les convulsions ont fini par s'arrêter. Je me suis finalement endormi et réveillé en pleine nuit trempé de sueur, mes draps à tordre tellement ils étaient mouillés.

C'est le moment qu'ont choisi nos amies nocturnes pour venir se battre... sur notre terrasse, à deux mètres à peine de mon lit!

Je me suis demandé un instant si ces charognards n'étaient pas là pour moi...

Vivement ce matin pour que nous partions vers Nairobi mais j'appréhende le voyage en avion.

Vais-je tenir le coup?

Positivons!

Le remède du docteur Maboul m'a fait du bien malgré tout: ma température est tombée à 39° alors qu'elle était hier soir de 40.3°...

2012041019.jpg

08/04/2012

Karibu Masaï Mara

Karibu, en Swahili, veut dire Bienvenue!!!

A peine arrivés au camp que nous voilà repartis en safari pour y faire nos premières approches animalières du grand parc.

Notre première découverte est un Topi ou Damalisque (Damaliscus korrigum), sorte de grande antilope aux couleurs improbables. Ce sera la seule que j'aurai eu l'occasion de photographier. Désolé si la photo est légèrement floue.

Topi, DamalisqueLe Topi est la proie favorite du Guépard et ne compte que sur sa vitesse de course pour sa sauvegarde, ce qui, face à ce champion de vitesse toutes catégories, est un pari risqué.

Malheureusement, un gros orage équatorial est en préparation. La lumière décline rapidement. Ca va être bonbon pour tirer des photos correctes...

Girafe massaï, phacochèreLe Masaï mara est étonnamment vert. Il faut dire que la saison des pluies vient de se terminer, ce qui nous vaut ces orages de queue.

Dans un petit mois, ce sera la grande migration des gnous qui vont remonter du Serengetti jusqu'ici pour profiter de l'herbe verte.

phacochèreEn attendant la pluie, un phacochère fait d'étranges salamalecs. Je trouve qu'il ressemble un peu à un colonel d'infanterie britannique. Il lui manque sa capeline rouge.

GnousEt voici nos premiers gnous dans le Masai mara. Ils sont, à cette époque (fin juillet) environ 500 000, selon notre guide.

Fin septembre, ils seront plus de 10 000 000. Accompagnés d'une horde de zèbres qui migrent avec eux.

Gnous, zèbresA certains endroits, des bandes de terrain d'une cinquantaine de mètres de large sont totalement dénudés de végétation avec une terre littéralement labourée en surface par les traces de sabots de ces ruminants.

Ce sont des couloirs de migration.

Nous sommes un peu trop tôt que pour pouvoir voir cette dernière mais ces couloirs, qui datent de l'année passée, nous donnent toute la mesure du phénomène énorme qu'est cette migration.

guépardLà où il y a des Topis, il y a ... des Guépards (Acinonyx jubatus).

Quelle chance de découvrir ces fauves en voie de régression malgré tous les programmes de protection. Ils sont impressionnants car beaucoup plus grands que ce que les documentaires laissent supposer.

guépardÇa ne se voit pas sur la photo, mais c'est à ce moment là que l'orage a décidé de s'épancher copieusement sur nous. Mon guide, à qui j'avais demandé s'il croyait que l'orage serait pour nous et qui m'avait répondu d'un "no no no no no!", ferait bien de réviser ses rudiments de météorologie kényane.

Les guépards sont restés impassibles.

Pas nous.

Des litres, des seaux entiers, se sont abattus sur nous d'un coup et il nous était impossible de fermer le toit ouvrant de notre véhicule par l'extérieur à cause de la présence des fauves, à quelques mètres.

J'ai tenté de fermer le toit de l'intérieur, ce qui m'a valu d'être trempé comme une soupe en quelques secondes.

orageY pas à dire, je comprends, maintenant, pourquoi l'herbe est verte, par ici (en tous cas, en cette période de l'année). Un troupeau de gnous profite de l'ondée au loin pendant que je me sèche du mieux que je peux.

Bah, la pluie n'était pas froide, c'est déjà ça...

Retour au camp. Une petite douche (pour économiser l'eau, hinhinhin, je ris...) me fera le plus grand bien d'autant que je me sens bien fatigué d'un coup.

Je prends ma douche en compagnie d'une copine...

araignée... dont la taille approximative est environ celle de la photo (sur mon 17 pouces. N'allez pas imaginer l'impensable si vous avez un écran plus grand!).

Ah, je suis bien content de ne pas être arachnophobe, moi.

Elle a déjà fait les frais d'une savate car il lui manque une patte.

Elle a survécu probablement à un membre du personnel qui fait les tentes matin et soir pour éviter ce genre de rencontre désagréable à la plupart des européens.

Il a eu du mérite d'avoir pu l'estropier car, quand elle en a eu marre de contempler mon corps d'athlète (hum!), elle s'est tirée avec une vitesse effarante en prenant ses sept pattes restantes à son cou qu'elle n'a du reste pas.

Comme je ne connais pas cette copine, je décide de l'appeler la "Blitz Flat Spider". On se reverra encore lors de notre séjour mais on a oublié d'échanger nos adresses...

 

Direction le resto de l'hôtel mais pas sans passer au bar, boire une bonne Tusker, bière kényane de très grande qualité brassicole.

A ce moment ma femme me demande pourquoi je fume.

Je la regarde étonné, ça fait 25 ans que j'ai arrêté la cigarette!

Puis je me rends compte que mes filles me regardent interloquées, tout comme les autres clients attablés un peu plus loin.

Il fait frais le soir, la température descend facilement à cause de l'altitude et, effectivement, je dégage plein de vapeur...

Petit repas léger, je m'éclipse et rentre directo dans ma tente et prends ma température: 40°...