04/04/2010

Tarentule radiée


BON DIMANCHE DE PÂQUES et BONNE FÊTE aux Isidore, Alèthe, Aleth, Aliette, Alex, Platon

Le kessaquo d'hier était un gros plan sur le céphalothorax (les araignées ont le corps divisé en un abdomen et un thorax soudé à la tête qu'on appelle céphalothorax) d'une Tarentule radiée (Hogna radiata).

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Mâle juvénile de Tarentule radiée, Les Estènes (Tarn, France), 26 Juillet 2005

Cette araignée fait partie de la famille des Lycosidées ou araignées-loup car elles chassent leurs proies, à l'instar des loup, en les coursant. Cette espèce méridionale, avec la Lycose de Narbonne (Lycosa narbonensis) qui est encore plus grosse (jusqu'à 2.5cm sans les pattes), fait partie, avec d'autres espèces voisines (comme Lycosa oculata), de ce que les gens du Sud appellent tarentules.

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Les Estènes (Tarn, France), 26 Juillet 2005

Les tarentules doivent leur nom à Tarente (Italie) où l'on pensait qu'une série de troubles nerveux étaient dus à leurs morsures. Les soins prodigués étaient alors de faire danser le malade une danse effreinée, la tarentelle.

En fait, les morsures sont très occasionnelles et, si elles sont probablement douloureuses, ne posent pas, à priori, de problème d'envenimation grave sauf en cas d'allergie de la part du sujet mordu.

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11:45 Publié dans Araignées | Commentaires (8) | Tags : tarentule radiee

25/03/2010

Chasser ou être chassée, tel est l'Adage des Araignées

Tout le monde le sait maintenant, les araignées sont des fauves dont les seules obsessions sont, pour les mâles en tous cas, la gaudriole, la chasse et… le fait de ne pas faire soi-même l’objet d’un repas malheureux !

Nous avons déjà vu que les araignées mâles devaient se méfier de la mortelle étreinte de leur aimée.

Nous avons évoqué la haine profonde, et injuste, que leur vouent bon nombre d’humains qui n’hésitent pas à commettre un « arachnicide » à l’aide de la première arme contondante leur tombant sous la main, à savoir pantoufle, journal, aspirateur ou, pis encore, pesticide en spray.

Mais quels sont donc les autres ennemis naturels de nos chères amies ?

Les oiseaux tout d’abord. Les exemples de becquées mortelles ne manquent pas. L’argiope fasciée (Argiope bruennichi), au milieu de sa toile, est une cible de choix pour l’oiseau de passage. Le troglodyte mignon (Nannus troglodytes) ne l’est pas tant que ça aux multiples yeux des araignées qui font souvent les frais de son bon appétit.

Les batraciens et les reptiles ne rechignent pas non plus devant huit bonnes pattes dodues et dégustent aussi leur lot d’arachnides.

Sous d’autres latitudes, le scolopendre (Scolopendra sp.), un myriapode, chasse régulièrement l’araignée. Les petits mammifères tels les musaraignes peuvent aussi s’en délecter dès que l’occasion s’en présente.

Qui n’a pas vu son chien se lever précipitamment de son panier pour pincer du bout des dents une tégénaire (Tegenaria sp.) qui passe ou Minou jouer tout son saoul avec une autre malheureuse ?

Dans certains pays d’Asie comme le Cambodge, des araignées grillées constituent des friandises dont le croquant est très prisé.

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Certaines araignées sont prédatrices d’autres araignées telle la pholque (Pholcus phalangioides) qui parvient à capturer et manger des araignées beaucoup plus grosses qu’elles comme la tégénaire (Tegenaria sp.).

Certains acariens peuvent infester et sucer l’hémolymphe des araignées qui en sont victimes.

Toujours dans le monde des arthropodes, le pompile (Pompilus sp.) venge quelque peu les millions de milliards d’insectes disparus depuis leur apparition sur terre sous les chélicères (crochets constituant l’appareil buccal) des araignées. D’une piqûre bien placée, cette guêpe paralyse sa victime pour l’enterrer et bientôt y pondre ses œufs. Dès leur éclosion, les larves du pompile vont dévorer petit à petit l’araignée vivante mais rendue incapable de bouger en commençant le festin par ses parties non vitales.

Qui a dit que les araignées étaient cruelles ?

Les autres insectes, en général, ne se frottent pas trop à ces prédateurs à huit pattes. C’est, en effet, le monde des insectes qui doit plutôt se méfier d’elles. Toute une série de stratégies leur ont permis de surprendre leur principal menu : les six pattes.

Bristowe, chercheur anglais, a déterminé en 1939, qu’en moyenne 130 araignées vivent par m² de milieu naturel en bon état, soit, à l’hectare, 1 300 000 mangeant chacune environ 0,1 gramme d’insectes par jour, ce qui donne un poids total d’insectes éliminés par an de 47 tonnes et demie !

De manière anecdotique, certaines araignées peuvent s’attaquer à de petits vertébrés (batraciens, lézards, poissons…) mais leur proie, par excellence, depuis environ 300 millions d’années est bel et bien constituée par l’insecte.

Pour ce faire, toute une série de stratégies de chasse ont été mises en place.

La plus basique consiste à chasser à l’affût. Les lycosidés ou araignées-loup tiennent leur nom du fait qu’elles se tapissent comme un loup pour courser et bondir sur leur victime.

La dolomède (Dolomedes fimbriatus) part à la pêche en se postant sur un peu de végétation à la surface des marais où elle vit. Posant une patte ou plusieurs sur le plan de l’eau, elle guette l’insecte aquatique, voire le petit alevin passant sous elle, en repérant les vibrations qu’il induit dans l’eau. En une fraction de seconde, ses puissantes chélicères iront rechercher la proie sous l’eau et l’en sortiront définitivement.

Les salticidés ou araignées-sauteuses ont une rapidité inouïe de déplacement et peuvent littéralement sauter sur leur proie. Une relativement bonne vision stéréoscopique leur permet d’estimer exactement la distance qui les sépare de la malheureuse mouche de passage.

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Certaines de ces araignées sauteuses se font passer pour des fourmis. On les dit myrmécomorphes. En effet, leur corps est fortement allongé, avec un pédicelle reliant le céphalothorax à un abdomen présentant un rétrécissement. Ceci fait ainsi penser au corps en trois parties avec taille de guêpe des fourmis. Oui mais, me direz-vous, les araignées ont huit pattes et les insectes six. Qu’importe, cette faussaire lève sa paire de pattes avant tout en se déplaçant sur les trois autres.

Elle donne ainsi l’impression d’avoir deux antennes comme toute fourmi qui se respecte. Pour donner encore plus le change, à y tromper un spécialiste, elles se déplacent en tous sens au milieu de celles qu’elles imitent.

Pas de quoi tromper une fourmi, croyez-vous ? Et bien si car notre Arsène Lupin à huit pattes imite également à perfection la phéromone de reconnaissance de ses hôtes dont elle croque, quand la faim se fait sentir, un membre de temps en temps.

Les thomisidés ou araignées-crabe font aussi assez fort dans le domaine du camouflage. Certains d’entre-eux peuvent prendre par homochromie, après quelques heures passées sur une fleur, la teinte de cette dernière.

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Les deux pattes avant, à la manière d’un crabe, elles attendent ainsi l’insecte, inconscient du danger, venant pour se faire un petit gueuleton de nectar ou de pollen. En une fraction de seconde, terrassée par un puissant venin, une abeille peut ainsi se faire prendre au piège par une araignée bien plus petite et moins puissante qu’elle.

Dans nos maisons, tout le monde -ou presque- connaît la pholque (Pholcus phalangioides) et la tégénaire (Tegenaria sp.). Si vous faites partie de celles ou ceux qui ne les connaissent pas, restez avec nous.

Une espèce moins connue car plus discrète est Scytodes thoracica. D’ailleurs, elle n’a pas de nom français. Cette petite araignée est pourtant bien présente dans nos demeures. Elle est tachetée comme un léopard et a développé une technique de chasse tout à fait particulière pour attraper les mouches, souvent plus grosses qu’elles.

En effet, Scytodes (Scyty-lou pour les intimes) s’approche à pas feutrés et imperceptibles de sa future victime et quand elle se trouve à un petit centimètre de cette dernière qui ne s’est encore aperçu de rien, elle crache un flux de colle destiné à engluer son repas et à éviter qu’il ne s’envole.

Teggy, la tégénaire, a tissé, quant à elle, une toile en forme de nappe et se tient prête au fond d’un tube retraite qu’elle a réalisé dans l’angle de son piège. Si, pour son malheur, un insecte devait s’y poser, il ne s’y engluerait pas mais, en un éclair, serait mortellement mordu par celle qui était à l’affût, alertée par les vibrations émises dans sa toile par sa future victime.

La pholque, quant à elle, tisse un entrelacs de fils apparemment désordonnés. L’insecte (ou cloporte, araignée,…) y pénétrant se retrouve pris dans un labyrinthe dont la seule issue est souvent l’entrée du tube digestif de la pholque. La pholque s’approche du malheureux avec un air de ne pas y toucher puis, du bout de ses toutes longues pattes, pour éviter un corps à corps qui ne lui serait pas toujours avantageux, elle maintient et fait tourner sa victime tout en l’aspergeant de soie. Une fois celle-ci transformée en momie et ne pouvant plus bouger, la pholque donne l’estocade en la mordant et lui injectant un mélange de venin et de sucs digestifs. Ces derniers vont littéralement liquéfier le contenu de la momie et notre brave pholque n’aura plus qu’à siroter ce qui fut sa proie.

Cette technique a été améliorée par les linyphiidés qui, dans nos jardins, tissent une nappe surmontée d’un entrelacs de fils en tous sens mais se resserrant vers le haut. La propriétaire du piège attend, tête en bas, au milieu et sous la nappe tendue comme un ciel de lit ce qui lui vaut le nom d’araignée à baldaquin. Le moucheron intrépide pris au piège de l’enchevêtrement de fils, ne pouvant remonter sans buter contre un nombre de plus en plus important de fils tendus, va redescendre fatigué et essayer de trouver une sortie vers le bas. En touchant la nappe, il se fera happer et mordre sans pitié à travers cette dernière par notre araignée à baldaquin qui l’y attendait.

Le genre Atypus, le seul mygalomorphe de Belgique, tisse aussi de la soie mais pour en faire, lui, une chaussette. Bien lugubre chaussette qui s’avère également un piège redoutable pour tout six pattes ou plus qui s’aventurerait à marcher dessus. En effet, notre mygale vit tout au fond d’un tube qu’elle a creusé dans le sol. La paroi de ce tube a été soigneusement recouverte de soie ce qui forme ainsi une sorte de chaussette dépassant du sol sur quelques centimètres.

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La partie aérienne de celle-ci est parfaitement camouflée car chargée de brindilles diverses, de mousses et grains de sable et de terre. Tapie dans ce tube, Atypus sent la moindre vibration que pourrait engendrer, par exemple, le passage d’un cloporte sur la partie libre de la chaussette. En un éclair, elle bondit dans le tube sur lequel la proie se promène insouciante et vient la transpercer à travers tout d’un coup de chélicères pour l’emporter ensuite au fond de sa tanière en déchirant la soie du piège pour y faire passer son repas.

Consciencieuse, Atypus reprisera sa chaussette une fois son repas terminé.

Ne vous êtes-vous jamais émerveillé devant la belle architecture de la toile de l’épeire diadème (Araneus diadematus) ? C’est effectivement de la belle ouvrage. Pensez donc : pour la construire, l’épeire va tout d’abord tendre un fil horizontal entre deux points opposés du substrat l’environnant. Pour ce faire, elle va laisser se faire emporter par le vent un fil qui ira s’accrocher au point d’en face. Une fois son fil accroché des deux côtés, elle va, en passant et repassant, le transformer en un véritable câble par le rajout de plusieurs autres fils.

Lorsqu’elle considère que son câble de suspente est assez solide, l’épeire va alors tendre une série de fils de façon à réaliser une sorte de Y servant au support des futurs rayons. Ensuite, elle va réaliser un cadre de plusieurs côtés autour de ce Y. A travers de ce cadre, elle va tirer toute une série de fils se croisant au centre en une série d’environ quarante-cinq rayons. En partant du centre, elle va alors tirer une spirale centrifuge assez large. Cette spirale étant terminée, elle va revenir en prenant le même chemin vers le centre et en posant une autre spirale de capture sur laquelle elle va déposer, tout en la filant, des gouttelettes de glu régulièrement espacées. C’est ce qui explique que les araignées ne se prennent pas elles-mêmes dans leur toile puisqu’elles se déplacent en empruntant les spires non piégées par la colle engluant les insectes imprudents. Arrivée au centre, l’épeire va mettre la touche finale à sa toile en mangeant la partie centrale, trop dense que pour être invisible, et pour la remplacer par quelques fils tendus irrégulièrement. Elle a alors le choix d’attendre le client au centre de sa toile ou bien encore de se tapir dans une retraite située dans la végétation, près d’un des points d’ancrage de sa toile. Elle le fera non sans avoir tiré derrière elle un fil avertisseur la prévenant, par la transmission des vibrations, de la présence d’une proie se débattant dans son piège.

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Si vous trouvez une toile sans, à priori, de propriétaire, repérez ce fil et suivez-le du regard, vous ne manquerez pas de trouver l’affûteuse dans sa retraite.

Pour se rendre compte de l’exploit, il suffit de replacer cette construction à notre échelle : si nous étions des araignées, cela équivaudrait à ce que nous devions tisser cette toile entre les boules de l’Atomium, par exemple. Sacrée funambule que cette araignée !

Pour faire encore de l’anthropomorphisme – ça devient une habitude –, les insectes ont bien sûr trouvé, une parade. Pour éviter le piège, un certain nombre d’entre eux, ont pris l’option de voler prudemment avec les pattes légèrement en avant. Ainsi, au premier contact avec la soie de la toile, ils peuvent espérer pouvoir faire une marche arrière d’urgence et se sauver mais cela ne marche pas toujours !

Pour terminer, éloignons nous de nos contrées pour rencontrer trois modes de chasse très développés.

En Afrique, en Amérique et en Australie vivent plusieurs espèces d’araignées (64 connues) que l’on nomme araignées bolas. Leur nom fait référence à cette arme constituée de deux calebasses reliées entre elles par une corde et qui, adroitement lancée, entrave les pattes de l’animal visé. En effet, l’araignée bolas, pour chasser, se tient en poste en hauteur. Elle tisse un fil terminé par une boulette de soie gluante qu’elle tient d’une patte. La boule terminale est enduite également d’une substance sécrétée par elle et qui imite à la perfection la phéromone sexuelle femelle d’un papillon. Pour disperser cette odeur dans l’air, elle fait tourner rapidement la boule sous elle jusqu’à ce que la bonne odeur attire un papillon mâle. Celui-ci a tôt fait de se faire engluer et se faire remonter au bout de la ligne par l’araignée qui va l’emmailloter pour le déguster à l’aise plus tard. Comme quoi il faut toujours se méfier des contrefaçons !

La seule quinzaine d’espèces d’araignées sociales connues sont de petite taille mais peuvent prendre au piège et tuer de grosses proies, telles que des oiseaux, dans leur toile commune. On assiste, en les observant, à de véritables synergies semblant être concertées et laissant encore les chercheurs perplexes.

Nous terminerons par les araignées du genre Deinopis, australiennes, qui tels les rétiaires, gladiateurs romains, sont armées d’un filet. Ce filet, elles l’ont tissé elles-mêmes d’une soie élastique et adhésive. A l’approche d’une proie, elles le jettent dessus pour la serrer et l’emmailloter par la suite.

On entend bien souvent les biologistes spécialisés en éthologie s’émerveiller devant un bonobo utilisant une branchette pour aller pêcher quelques termites au fond d’un trou. Que dire alors de ces animaux « inférieurs » qui fabriquent eux-mêmes leur outil, le synthétisent même, et l’utilisent efficacement selon une stratégie et ce, de façon innée ?

Renaud DELFOSSE (article écrit et publié en 2008)

Merci à Robert Kekenbosch, collaborateur à l’IRScNB et spécialiste des araignées pour avoir été mon correcteur.

Sources :

Guide des Araignées et des Opilions d’Europe, Dick Jones, Delachaux et Niestlé, 1990

Initiation à la Connaissance des Araignées, Robert Kekenbosch, 2000

Livret du Stage d’Initiation à l’Aranéologie, Alfons Radermecker, CNB, 2004

http://en.wikipedia.org/wiki/Bolas_spider

http://norbert.verneau.free.fr/f_scytod.html

http://zafro.free.fr/mada/araignee2.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dinopis

http://wwwassos.utc.fr/regardelemonde/voyage/carnet_cambodge

 

12:23 Publié dans Araignées | Commentaires (1)

08/02/2010

La nature est partout!

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Je vous présente Fifine, une belle Epeire diadème (Araneus diadematus) femelle qui a décidé de passer le temps des frimas dans la cage d'escalier donnant vers ma cave, ce qui n'a pas manqué de me surprendre pour deux raisons:

Tout d'abord, les Epeires diadèmes ne sont normalement pas domicoles (espèces qui vivent dans les maisons).

Ensuite, l'horloge biologique des épeires est admise par les aranéologues comme étant saisonnière. Les jeunes araignées sortent du cocon maternel au printemps pour grandir jusqu'à la fin de l'été et se reproduire enfin. Les femelles tissent alors un cocon contenant leurs oeufs qui vont ainsi passer l'hiver. Les adultes vont alors mourir. Il n'y a donc pas normalement de juxtaposition des générations.

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L'Epeire diadème est appelée aussi "porte-croix" car, si ses couleurs sont très variables, tous les individus portent sur l'abdomen une croix dessinée de couleur blanche. Elle est facilement identifiable à ce critère.

Elle a été élue Araignée 2010. C'est peut-être pour cela que Fifine passe l'hiver chez moi: pour aller porter la bonne nouvelle à la génération suivante? Clin d'oeil

La Hulpe 1 février 2010

11:40 Publié dans Araignées | Commentaires (3) | Tags : epeire diademe

02/01/2010

Carré blanc sur les petits Travers de nos Amies les Araignées

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Nous avons vu ensemble il y a quelques semaines comment les araignées fabriquaient cette matière magique qu'est la soie. Cette dernière leur sert a plein de choses : toile, bien sûr, mais aussi, fil parachute, cocon, abri, ... Je vous évoquais même la fabrication de menottes utilisées par les mâles de certaines espèces et passées à leur femelle afin de ne pas se faire boulotter pendant leurs relations sexuelles.

Cette évocation a probablement émoustillé certain(e)s d'entre nos lecteur(trice)s qui m'ont demandé un autre article sur les moeurs sexuelles parfois bizarres des araignées.

Il est donc temps d'éloigner les enfants, la suite de ces lignes étant exclusivement réservée aux adultes...

Monsieur Tégénaire se sent d’humeur volage ce soir. Il parcourt en tous sens la maison qui l’abrite à l’insu de la propriétaire humaine des lieux. Il est à la recherche de l’élue de son cœur qui sent si bon. Si bon avec son odeur enivrante que Monsieur Tégénaire ne pense plus qu’à une chose : retrouver sa belle au péril de sa vie !

Quand je disais qu’il risquait gros ! Une pantoufle vient de le rater de justesse ! Ayant laissé une patte dans l’aventure, Monsieur Tégénaire, tout haletant, se cache dans une anfractuosité entre la plinthe et le parquet. En attendant que les choses se calment, il pense encore avec effroi à son ami récemment noyé au fond du lavabo dont il n’avait pas pu remonter les parois lisses et glissantes. C’est cette horrible dame à la pantoufle qui l’a découvert à moitié épuisé et qui, au lieu de l’aider à sortir de cette mauvaise passe, l’a noyé en ouvrant grand les robinets avec force de cris. Il n’a jamais revu son copain, emporté au fond des canalisations de la salle de bain. Dire que, comme lui, il ne faisait que chercher l’amour…

Chez la plupart des araignées, un certain dimorphisme existe entre les mâles et les femelles. Celui-ci est marqué parfois par des couleurs différentes (Eresus niger), des protubérances céphaliques bizarroïdes (Walckenaera acuminata), et/ou, le plus souvent, par une forte différence de taille, les mâles étant parfois minuscules par rapport aux femelles (Thomisidae).

Chez la plupart des araignées, outre le dimorphisme, un petit truc existe pour reconnaître les mâles des femelles : les mâles matures sont équipés… de gants de boxe. Ainsi donc, si vous voyez une araignée avec des gants de boxe, c’est à tous les coups un mâle mature. A contrario, s’il ne porte pas ces accessoires, c’est très probablement soit une femelle, soit un mâle qui n’est pas encore mature ; à moins que votre spécimen fasse partie du petit groupe minoritaire d’araignées où les femelles n’ont pas d’épigyne.

Bon, d’accord, cela mérite une petite explication…

Qu’elles soient mâles ou femelles, les araignées ont leurs pièces génitales situées sur la face ventrale de l’abdomen, tout à côté du pédoncule abdominal joignant l’abdomen au céphalothorax. Chez la plupart des espèces, cet appareil génital est constitué chez les femelles d’une pièce spéciale qui porte le nom d’épigyne. La forme et la taille de cette épigyne sont caractéristiques de l’espèce d’araignée. Son étude est donc le seul bon moyen de détermination de l’espèce.

Vous savez comme moi que les araignées muent plusieurs fois avant de devenir adultes. Tant qu’ils sont immatures, les jeunes mâles vivent le plus naturellement du monde, au grand dam des insectes qui tombent sous leurs chélicères. Lors de la dernière mue faisant d’eux des adultes, les mâles portent des pédipalpes (deux fausses pattes situées de part et d’autre de la zone buccale) transformés en bulbes leur donnant l’aspect de gants de boxe. Ici aussi, les bulbes ont des formes et des tailles caractéristiques selon l’espèce de l’araignée.

A partir de ce moment, les mâles n’ont généralement plus que l’amour en tête et délaissent complètement toute nourriture. Même le plus dodu des moustiques ne les intéresse plus. Ils partent à la recherche de leur belle, future mère de leurs enfants et, peut-être, responsable de leur trépas. Pour les aider dans leur quête, les futures mères émettent souvent des phéromones dont l’odeur attire les candidats à l’amour.

Avant de partir, une petite formalité doit être faite. Le mâle tisse une petite toile dans laquelle il va glisser une goutte de sperme émanant directement de son orifice génital. Vous savez, sous l’abdomen. Il va ensuite y tremper tour à tour ou en même temps, les bulbes des deux pédipalpes pour y pomper et stocker le précieux liquide séminal.

Bon ! Le chemin a l’air libre ! Monsieur Tégénaire reprend ses sept pattes restantes à son cou – qu’il n’a du reste pas – et repart à la recherche de l’élue de son cœur.

Soudain, son cœur chavire. Là, dans l’angle formé par le soupirail de la cave, une toile dont il reconnaît la forme. Se pourrait-il que ?... Oui ! Toujours ces enivrantes effluves, plus fortes que jamais. Elle est là ! Elle l’attend ! Tout ça c’est très bien mais… si elle le prenait pour une vulgaire mouche ? Avec sa mauvaise vue, elle le goberait tout cru ?

« Reprenons-nous ! Je dois me calmer et y aller prudemment… » Se dit Monsieur Tégénaire.

Ainsi, sur la pointe des pattes, Monsieur Tégénaire s’approche de la toile. Délicatement, il griffe légèrement un fil de suspente et attend. Là haut, il sait qu’il a été repéré. Il recommence à nouveau et refait une pose. Rien ne se passe. C’est bon signe ! Encore un petit coup, puis un autre, et encore un. Le calme qui lui répond le rassure. Madame, pardon, Mademoiselle Tégénaire, l’attend.

Prenant alors son courage à huit, heu, sept griffes maintenant, Monsieur Tégénaire s’aventure sur la toile en forme de nappe et se dirige lentement, très lentement vers le tube s’ouvrant au fond et dans lequel se trouve, tapie, sa promise qui le fixe de ses huit beaux yeux brillants.

L’approche que font les araignées mâles peut être très différente en fonction de l’espèce. Chez certaines dont les Lycosidae et les Salticidae, c’est une véritable parade nuptiale qui s’engage sous la forme d’une danse codée où le mâle lève tour à tour une ou plusieurs de ses pattes et fait des signes de fanaux avec ses pédipalpes.  Il faut dire que, parmi les araignées, ces deux familles comprennent celles qui ont la moins mauvaise vue.

Certaines araignées possèdent un appareil stridulatoire dont la fréquence des stridulations peut rendre, avec un peu de chance, la femelle consentante.

Et les menottes me demanderez-vous ? C’est peut-être un peu exagéré comme image, mais les mâles du genre Xysticus (Thomisidae) se dépêchent de tourner autour de leur femelle pour l’emmailloter d’un voile de mariée dont elle se dépêtrera facilement une fois que le mâle aura accompli son « forfait » et se sera mis à l’abri des chélicères de son amante.

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Le mâle d’Atypus affinis ayant repéré le piège en forme de chaussette d’une femelle l’ayant attiré grâce aux phéromones qu’elle émet du fond de sa cache souterraine, vient se positionner sur la chaussette et entame une série de mouvements rythmés, un peu comme s’il faisait des pompes. Ces mouvements signalent probablement à la femelle que ce qui se trouve sur son piège n’est pas une proie. Une fois assuré que son message est passé, le mâle se met alors en œuvre de dilacérer la chaussette pour y faire un trou avec ses chélicères tout en faisant une petite pompe de temps en temps. Une fois le passage assez grand, il se faufile à l’intérieur pour rejoindre sa belle.

Les araignées tissant une toile sont prévenues de l’arrivée de leur prince charmant par le petit air de harpe qu’il leur joue en faisant vibrer le piège avec des vibrations particulières.

Enfin, un comportement particulier s’observe chez Pisaura mirabilis dont le mâle capture une proie, l’emmaillote et l’offre à sa promise comme cadeau de noces. La proie une fois acceptée, il profite du fait que sa femelle se délecte de son offrande pour lui faire les pires outrages sans risquer d’être lui-même au menu. Certains mâles, un peu pingres peut-être, s’aventurent à ensuite récupérer leur cadeau une fois leur « petite affaire » terminée.

Monsieur Tégénaire est enfin auprès de sa fiancée. Il sait qu’il n’a pas beaucoup de temps. Vite, il se met en position pour faire ce qu’il doit. Avec un peu de chance, il pourra se tirer du mauvais pas dans lequel il s’est  fourré car les huit beaux yeux de tout à l’heure ne le regardent déjà plus avec amour mais maintenant avec convoitise…

Le mâle ayant rejoint la femelle se glisse sous elle et introduit alors les bulbes ensemble ou l’un après l’autre dans son épigyne pour la féconder. Un peu comme une clef dans une serrure, la forme des bulbes du mâle correspond de façon unique à l’épigyne de la femelle de la même espèce. Ce mécanisme empêche tout croisement entre espèces différentes, ce qui explique partiellement le peu d’évolution qu’ont connu les araignées depuis leur apparition, il y a environ 360 millions d’années.

Souvent, les mâles terminent leur vie en tant que repas protéïné pour future mère. Il arrive aussi qu’ils meurent tout simplement d’épuisement une fois leur fonction de reproduction accomplie.

Chez  Atypus affinis, le mâle cohabite avec la femelle pendant l’hiver pour mourir de vieillesse et se faire dévorer in fine.

Plusieurs stratégies permettent éventuellement aux mâles de ne pas se faire digérer par leur femelle. Certaines familles (Thomisidae) peuvent présenter des mâles minuscules par rapport à la femelle de sorte que celle-ci ignore superbement son minus de mari. Les cas de Pisaura mirabilis et des Xysticus ont déjà été abordés.

La stratégie la plus courante reste la fuite, dans la mesure du possible.

A propos de fuite, qu’est devenu Monsieur Tégénaire ?

A vrai dire, au fond d’un tube, entre les pattes d’une mangeuse de mâles et n’en n’ayant lui-même plus que sept, il me plait d’imaginer que, lors d’une dernière étreinte mortelle donnée par le seul amour de sa courte vie, sa dernière pensée a été : « Bah, tout ça, c’est pour les enfants… »

Renaud DELFOSSE (Mars 2007)

Sources :

            Guide des Araignées et des Opilions d’Europe, Dick Jones, Delachaux et Niestlé, 1990

            Initiation à la Connaissance des Araignées, Robert Kekenbosch, collaborateur à l'IRScNB, 2000

18:16 Publié dans Araignées | Commentaires (5)

26/12/2009

Ségestre florentine (Segestria florentina)

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Ses chélicères (crochets à venin) ont des reflets métalliques caractéristiques

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Elle vit tapie le jour dans un tube de soie construit dans une fissure (souvent de mur). Partent de cette cache des fils radiants en étoile accrochés à la surface abritant sa cache. C'est une grosse araignée pouvant atteindre 2 centimètres (sans les pattes).

On peut en trouver en Belgique mais elle devient plus courante (et plus grosse) au fur et à mesure qu'on descend vers le bassin méditerranéen.

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Elle est assez agressive et je n'ai eu aucun mal à la faire sortir de sa tanière en la titillant un peu avec une brindille. Pas avec le doigt car sa morsure est reconnue comme étant douloureuse et posant des problèmes de nécrose. Mieux vaut donc ne pas jouer avec ce sympathique animal qui ne pose aucun soucis aux humains qui la laissent tranquille. Au contraire, c'est une précieuse alliée dans l'éradication des insectes gênants tels que mouches et moustiques.

Vous remarquerez également la position des deux paires de pattes avant. Elles sont caractéristiques de la famille. Le céphalothorax et les pattes noires ébène et l'abdomen gris permettrent de reconnaître l'espèce: Segestria florentina.

Vendée (France) Juillet 2006

21:39 Publié dans Araignées | Commentaires (3) | Tags : segestre florentine

16/12/2009

Il y a des mygales en Belgique!

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Atypus affinis. Et oui, c'est bien une mygale ... de 1cm à 1.5cm sans les pattes.

Les mygales sont reconnaissables au fait que leurs crochets à venin (chélicères) s'actionnent verticalement alors que les autres araignées ont des crochets mobiles horizontalement.

Atypus affinis chasse à l'affût dans une toile en forme de chaussette pendante sur le sol, sortant d'une galerie verticale souterraine d'une trentaine de centimètres de profondeur dans laquelle attend l'araignée. Quand une proie s'aventure sur la chaussette, cette dernière sent les vibrations et remonte à une vitesse fulgurante à l'intérieur de la chaussette pour venir frapper sa victime à travers cette dernière, déchirer la paroi de la chaussette et emporter sa proie dans sa galerie en la faisant passer par le trou qu'Atypus viendra repriser son repas terminé.

Sur la photo, un mâle, posté sur la chaussette (peu visible car camouflée par des débris végétaux gris et vert clair) signale sa présence à la femelle tapie dans sa galerie sous-jascente par des vibrations spécifiques. Le message se veut le plus clair possible: "Hé, ho, tu m'bouffes pas, je ne suis pas une proie, je veux être le père de tes enfants, laisse-moi entrer!" Le calme plat qui lui répond veut dire qu'il est accepté. Il va alors faire un trou dans la chaussette et aller rejoindre sa belle dans sa galerie... S'il ne l'avait pas été, il aurait été relégué rapidement au rang de proie...

Rixensart Décembre 2006

22:45 Publié dans Araignées | Commentaires (0) | Tags : atypus affinis

06/12/2009

De fils d’araignée en aiguille ? Cela va de soie !

aranéchèvre_640x480

A
rachné, fille d’Idmon de Colophon, sûre de son art, défia sur le métier à tisser Athena, Déesse protectrice des fileuses et brodeuses. Toutes deux concoururent donc pour tisser la plus belle tapisserie. Bientôt, Athena du se rendre à l’évidence. La tapisserie d’Arachné était bien plus belle que la sienne. Rageuse, elle donna un coup de navette sur la tête d’Arachné. Blessée dans son amour propre plus qu’à la tête, Arachné se pendit. Ne voulant pas que leur joute ne se termine par la mort de son adversaire, Athena ressuscita Arachné en l’aspergeant d’une potion qui lui donna la vie éternelle sous la forme d’une araignée condamnée à tisser sans fin sa toile.

Ainsi expliquaient les anciens le fait que les araignées tissent des fils de soie tout au long de leur existence.

Vous le savez peut-être, les araignées font partie de l’ordre des aranéides aux côtés des pseudoscorpions, acariens et opilions dans la classe des arachnides. Dans l’embranchement des arthropodes, ceux-ci se différencient des crustacés, insectes et autres myriapodes par l’existence de chélicères (pièces buccales en forme de crochets), ce qui leur a valu d’être appelés sous le doux nom de chélicérates.

Les araignées, physiquement, sont caractérisées par un corps divisé en deux parties : le céphalothorax qui porte 6 à 8 yeux simples, les fameuses chélicères, une paire de pattes-mâchoires nommées pédipalpes et quatre paires de vraies pattes bien souvent poilues, ce qui fait hérisser tous les cheveux de la tête de ma fille. L’autre partie du corps est constituée par l’abdomen qui porte les appendices génitaux et, surtout, six (le plus souvent) filières.

En effet, toutes les araignées, mâles et femelles, peuvent sécréter, grâce à ces filières, un fil de soie. Ce fil sert à de multiples usages : fil de sécurité à l’instar des alpinistes, sac à œufs, cocon pouponnière, abri soyeux, toile piège, toile spermatique (les mœurs sexuelles des araignées vaudront sans doute un autre article), camisole pour proie récalcitrante et même parachute ascensionnel, lasso ou menottes pour femelles à conquérir sans se faire dévorer.

La soie, sécrétée sous forme liquide par des glandes séricigènes internes à l’abdomen, se solidifie à la sortie des filières par l’action combinée de l’air et de la traction. Les molécules chimiques la constituant, des protéines, s’orientent alors selon l’axe de traction, ce qui solidifie l’ensemble. Plusieurs fils sont ainsi produits en même temps, entre quinze et vingt, avec des souplesses et structures différentes, pour être assemblés en un véritable cordage unique. Selon les espèces, un fil constitutif, peut atteindre une finesse allant jusqu’au 100 000ème de millimètre (10 microns) ! Finesse ne veut pas dire, dans ce cas précis, fragilité puisque la soie est, à diamètre égal, deux fois plus résistante qu’un câble de notre meilleur acier et plus élastique que le nylon et ce, pour une incroyable légèreté.

Partant de ce constat, il a été bien entendu très tentant de reproduire le modèle industriel du ver à soie à nos sympathiques araignées. Elles se sont comportées en fauves qu’elles sont dans la nature en se dévorant entre elles et en ne daignant pas se soumettre à la volonté productrice de leurs éleveurs. De nombreux essais d’élevage n’ont donné, peut-être, que quelques décimètres de lés de soie d’araignée.

Malgré ces échecs, ce matériau, par ses propriétés physiques étonnantes et très intéressantes, n’a pas cessé d’être étudié afin de pouvoir, un jour peut-être, le synthétiser.

Des applications diverses telles, entre autres, que la fabrication de fils de suture ou de gilets pare-balles ultra légers en soie d’araignée ont dirigé des années durant des recherches poussées dans l’espoir de pouvoir un jour percer le secret de synthétisation de cette substance si intéressante. Sans succès.

Jusqu’au jour où une solution digne des meilleurs films d’angoisse est sortie des cornues de l’apprenti sorcier que l’homme peut-être parfois. La transgénèse. Cette technique génétique est rendue possible par le fait que tous les organismes vivants ont une base génétique commune. Il est donc possible de transférer un gène d’un organisme dans un autre ne le possédant pas naturellement. L’organisme ainsi génétiquement modifié codera alors le gène pour la production des caractéristiques qu’il porte.

Ainsi, au début de ce nouveau siècle, Udo Conrad, chercheur généticien allemand, introduit dans le génome d’une pomme de terre le gène issu d’une araignée et responsable de la production de la soie. Ce fut un succès et il obtint une patate synthétisant de la protéine soluble de soie d’araignée. La difficulté de l’époque était de trouver des techniques de filage.

Dans le même temps, les efforts des chercheurs se sont tournés vers la production de soie en implantant le « gène séricigène » dans le génome de … chèvres.

Une ferme, propriété de la Nexia Biotechnologies, au Canada, élève des chèvres OGM baptisées Bele pour « Breed Early Lactate Early ». Leur lait contient de la soie d’araignée. En effet, le gène producteur est introduit dans les cellules embryonnaires des chèvres pour qu’il s’exprime dans les glandes mammaires de ces dernières. Il suffit ensuite de filer la soie hors du lait comme s’il s’agissait d’un simple fil de nylon. Le procédé est relativement simple et rentable à tel point que la soie « aranéchèvre » est actuellement déjà commercialisée même si elle connaît quelques faiblesses au cisaillement.

Bravo pour la prouesse scientifique et commerciale mais je vous laisse seuls juges pour ce qui est de l’éthique… 

Sources :

J'ai écrit cet article en décembre 2006. Les liens repris ci-dessus semblent désuets. Ce sont les limites de la webgraphie qui n'est valable que quelques temps après l'édition d'un article y faisant référence...

19:21 Publié dans Araignées | Commentaires (2)

01/12/2009

Cocon d'araignée

cocon Agroeca 20060413_640x480

Cocon d'Agroeca sp.

Prairie du carpu Rixensart Avril 2006

22:36 Publié dans Araignées | Commentaires (0) | Tags : agroeca